samedi 1 octobre 2016

Tipaza, Mila et Constantine secouées par des séismes

Un séisme de magnitude 3,3 sur l'échelle de Richter a eu lieu samedi à 04h20 dans la wilaya de Tipaza, a indiqué un communiqué du Centre de Recherche en Astronomie Astrophysique et Geophysique (CRAAG). L'épicentre du séisme a été localisé à 04 km Sud Ouest de Beni Melouk (Wilaya de Tipaza), a précisé le communiqué. Une plus tard,  c’est la wilaya de Mila qui a été secouée à son tour. Selon le CRAAG, un séisme de magnitude 3,1 sur l'échelle de Richter a eu lieu à 05h15 à 14 km Sud Est de Chelghoum El Aid. Un autre séisme de magnitude 2,9 sur l'échelle de Richter a eu lieu à 05h38 dans la wilaya de Constantine. L'épicentre du séisme a été localisé à 07 km Sud Ouest de Ouled Rahmouni, précise le CRAAG. 


vendredi 30 septembre 2016

Découverte d'un lot d’armements et de munitions près des frontières Sud-est du pays

Un lot d’armements et de munitions a été découvert vendredi à Debdeb, wilaya d'Illizi, près des frontières Sud-est du pays, grâce à la "permanente vigilance" des forces de l'Armée nationale populaire (ANP) et l'"exploitation efficace" de renseignements, indique un communiqué du ministère de la Défense nationale. "Dans le cadre de la sécurisation des frontières et de la lutte contre la criminalité organisée et grâce à la permanente vigilance des forces de l’Armée nationale populaire et l’exploitation efficace de renseignements, un détachement relevant du secteur opérationnel d’In Amenas/4°RM a découvert, aujourd’hui 30 septembre 2016, un lot d’armements et de munitions à Debdeb, wilaya d’Illizi près des frontières Sud-est du pays", note la même source. "L'opération a permis de saisir trois (03) pistolets mitrailleurs de type Kalachnikov, un fusil à lunette, un fusil de chasse, un pistolet automatique, dix (10) chargeurs de munitions et 482 balles de différents calibres", précise le communiqué.(APS)


Bouchouareb : d’ici 2019, une partie «non négligeable» de la demande nationale sera satisfaite par la production locale

Les efforts d’industrialisation se focalisaient, selon Abdeslam Bouchouareb, sur la reconstruction des filières de la sidérurgie et métallurgie, les liants hydrauliques, l’électrique et l’électroménager, la mécanique, l’automobile et l’aéronautique, la chimie industrielle et pharmacie, la construction et réparation navales, l’industrie agroalimentaire, les textiles et cuirs, le bois et industrie du meuble. Grâce au développement de ces filières, l’Algérie va passer, d’ici 2019, d’importateur au stade de producteur satisfaisant une partie non négligeable de la demande domestique puis à celui d’exportateur de biens transformés", a avancé le ministre lors de la 2ème édition de l’université d’été du Forum des chefs d’entreprise (FCE) tenue jeudi dernier à Constantine. Vers une nouvelle loi pour les Partenariats publics-privés   Une loi va être élaborée pour régir les Partenariats publics-privés, tandis que l’ingénierie du système de montage CKD/SKD sera prochainement revue, a indiqué le ministre de l'Industrie et des mines, Abdeslam Bouchouareb. Intervenant, le ministre a fait savoir qu'une réflexion sur un avant-projet de loi relatif aux Partenariats publics-privés (PPP) avait été entamée. Par ailleurs, il a annoncé que l’ingénierie du système de montage CKD/SKD, figée depuis 1998, allait être revue "pour en faire un levier de remontée dans les filières industrielles". L’idée principale, a-t-il expliqué, consistera à conditionner l’accès aux avantages par l’engagement à plus d’intégration locale. A souligner que le CKD est un système à travers lequel l'ensemble des pièces détachées nécessaires pour assembler complètement un véhicule sont vendues par les constructeurs à leurs filiales à l'étranger, tandis que le SKD sont des produits partiellement assemblés et exportés par les constructeurs à leurs filiales ou leurs partenaires à l'étranger détenant une licence. Rappelant les différents textes législatifs élaborés jusque-là dans le cadre de l'investissement, le ministre a fait savoir qu'avant la fin 2016, l’ensemble des textes d’application seront parachevés pour aboutir à l’entame de 2017 à "un cadre assaini, stable et attractif". 


Factures d’électricité : Le sud en colère

Des manifestations ont déjà été organisées et d’autres sont programmées. Plusieurs wilayas du Sud sont en ébullition depuis quelques jours. En cause : les factures d’électricité élevées. Guemmar, Reguiba, Magrane, Ourmes et Ouled Djellal. Les factures d’électricité du 3e trimestre ont fait des étincelles au sein des populations sahariennes qui vivent depuis le mois de mai le plus torride des étés depuis des décennies. Des températures record ont été enregistrées ces cinq derniers mois à travers ces villes invivables, où le seul refuge des habitants est le climatiseur qui continue à tourner à plein régime en cette fin de septembre. «Une maison fraîche quand il fait plus de 50°C est un luxe que nous refuse Sonelgaz et que nous ne pourrons plus payer avec des factures dépassant les 20 000 DA», se lamente Malek, qui reconnaît toutefois «utiliser trois climatiseurs non-stop durant l’été». Fini la période ou chaque foyer disposait d’un unique climatiseur pour toute la famille, «les gens demandent du confort et une continuité de service qui leur ont été refusés pendant longtemps». Tant et si bien que les ménages revendiquent non seulement «une bonne qualité du courant durant la période de canicule» mais aussi et surtout «la généralisation du tarif de 1,779 DA appliqué à la première tranche de consommation de 0 à 125 kilowatt/heure par trimestre aux trois autres tranches de consommation en vigueur». Pour les clients des zones sahariennes où il est impossible de vivre sans climatiseur pendant la moitié de l’année, ce sont les augmentations des tranches relatives aux consommations comprises entre 250 à 1000 KWh/trimestre et plus de 1000 KWh/trimestre qui posent problème, vu qu’elles sont désormais comptées à 4,81 et 5,48 DA. D’où la contestation qui gagnera In Salah demain. Les femmes aussi s’insurgent Au lendemain des émeutes de Biskra et El Oued où les RN16 et 46 ont été débloquées par les forces antiémeute à coups de gaz lacrymogènes et à la manière des femmes d’In Salah lors de la contestation antigaz de schiste fin 2014, une trentaine de femmes, rejointes par une dizaine d’hommes, ont manifesté contre cette hausse des factures d’électricité à Aougrout, 60 km au sud de Timimoun. Huit d’entre elles ont été malmenées par la police qui les a interpellées et conduite par la force avec sept autres manifestants pour les auditionner, explique Mohad Gasmi, militant des droits de l’homme à Adrar. Selon lui, «les policiers voulaient à tout prix lever le sit-in», bien qu’il s’agisse d’une première dans les annales locales. Les organisateurs se sont ensuite retirés, laissant la place à des membres de «la société civile organisée» qui ont entamé un dialogue avec le secrétaire général de la wilaya. A Zaouiet Kenta et Reggane, la population s’apprête à riposter. Des appels à une manifestation commune au chef-lieu de la wilaya d’Adrar ont été lancés. La police a, pour sa part, affirmé dans un communiqué rendu public mercredi, «être intervenue, durant la journée de mardi à Aougrout et avoir mis fin, à l’aide de moyens appropriés, à une manifestation non pacifique». Certes, les manifestants se seraient emparés de deux camions de livraison de gaz butane appartenant à la société Naftal, avec lesquels ils ont obstrué l’artère principale de la ville menant au siège de l’APC. Cependant, selon la police, les véhicules en questions contenaient une importante cargaison de bouteilles de gaz butane chargées. Une situation inédite pour cette paisible localité peuplée en majorité d’Oasiens. Une confrontation à haut risque qui n’a pas laissé d’autre choix aux forces de l’ordre que d’entreprendre une action rapide et efficace afin de dissuader toute mauvaise intention. La police aurait donc usé de gaz lacrymogènes essentiellement pour reprendre les chargements de bouteilles de gaz, un produit explosif, aux contestataires. A noter que les contestataires, estimés au nombre de 300, réclamaient également l’emploi et la dénonçaient la dégradation du secteur de la santé en raison du manque de personnels médical et paramédical, de médicaments, d’ambulances… Toutefois, si le communiqué indique le retour au calme dans la cité sans aucun incident majeur, ni perte humaine ou dégâts matériels, il ne fait pas état d’éventuelles arrestations. Les contestataires d’Adrar appellent les autorités à «revoir à la baisse» les tarifs de l’énergie électrique et à définir une tarification «symbolique» de l’électricité, voire à «ne pas comptabiliser la consommation durant les fortes chaleurs de l’été». Le directeur de la société de distribution de l’électricité et du gaz d’Adrar, Abdelhak Chaâbane, a quant à lui indiqué à l’APS que «les tarifications de l’électricité sont fixées selon le volume de consommation des clients» et que ses services étudieront «les moyens d’aider les clients à régler cette question, en consultation avec les services centraux de l’entreprise, à la condition que les clients s’engagent à s’acquitter de leurs factures». Consommation illicite De retour après un congé d’été bien mérité, Mohamed, originaire de la ville de Tamanrasset, a été surpris par une mise en demeure accompagnée d’une facture d’électricité particulièrement salée à payer. «Pourtant, je n’étais pas là et même durant la période d’occupation de mon logement, je n’ai jamais changé mes habitudes de consommation dont le montant a presque doublé», nous dit-il perplexe. Pour Mohamed, il n’est pas exclu qu’une erreur ait été commise. Mais pas avant d’avoir la version du centre de paiement qui lui fait part d’un réajustement tarifaire en application des nouvelles dispositions entreprises par la direction de distribution du gaz et d’électricité de la wilaya. «J’étais au courant de la nouvelle majoration, mais je trouve que son application a été faite exagérément eu égard aux exorbitantes factures reçues depuis avril dernier, mois coïncidant avec les grandes chaleurs qui s’abattent dans cette région saharienne. Je conteste cette augmentation décrétée sans prendre en considération la rudesse du climat et les souffrances des familles vivant à la merci des climatiseurs», se lamente notre interlocuteur, en s’en remettant aux plus hautes autorités du pays pour prendre des dispositions spéciales pour le sud afin de soulager ces familles prises entre deux feux. Il n’est pas le seul à contester cette majoration qui brûle bien des langues, puisque nombreux sont ceux qui ont décidé de ne plus s’acquitter de leur factures d’électricité, à l’exemple des commerçants de Tafsit, contraignant ainsi l’APC de Tamanrasset, destinataire d’une facture qui donne le vertige car étant le propriétaire du marché, à saisir la direction locale de distribution d’électricité pour opérer une coupure. Une solution qui n’a pas pu régler le problème des locataires encore moins celui des ménages qui préfèrent recourir à des branchements illicites pour éviter les surprises des surfacturation. Rappelons qu’en 2014, la direction de la distribution de l’électricité et du gaz de la wilaya de Tamanrasset (DDT) a essuyé une perte de 470,52 millions de dinars. Sur les 320,6 gigawatts/heure achetés, seulement 232,6 GWh ont été distribués, soit une différence de 38,1 GWh représentant un taux de 11% d’énergie perdue. Un abonné sur 16 consommait de l’électricité frauduleusement. Le préjudice des raccordements illicites était évalué à 51 millions de dinars, soit l’équivalent de 12,3 GWh de perte représentant une masse couvrant jusqu’à 2,5 mois de salaire du personnel de la DDT. 23% des abonnés sont raccordés illicitement au réseau électrique. Affrontement Une bataille sans merci a été engagée l’année dernière par la DDT pour venir à bout de ce phénomène qui a pris des proportions alarmantes, notamment avec l’ampleur qu’ont prise les constructions illicites dans cette wilaya livrées à mille et un maux. Le président-directeur général du groupe de distribution de Sonelgaz, Mustapha Guitouni, a quant à lui assuré les clients, à partir d’Alger, qu’aucune augmentation des tarifs de consommation de l’électricité et du gaz n’était programmée pour l’année en cours. Il a précisé que l’entreprise a adopté des mesures rigoureuses pour le recouvrement de ses créances auprès des administrations et des entreprises atteignant plus de 60 milliards de dinars à l’échelle nationale et plus de 10 milliards de dinars dans la seule wilaya d’Alger. Le non-paiement par les clients de leurs dettes envers Sonelgaz entrave la réalisation des projets et des investissements du groupe, a-t-il soutenu, affirmant avoir donné des instructions aux directeurs centraux et aux gérants d’agences commerciales à l’effet de s’employer au recouvrement des créances selon un calendrier déterminé. Le déni face à une hausse dénoncée par le consommateur du Sud, culpabilisé et accusé de gaspiller l’énergie électrique durant les périodes de pointe et de profiter à tort du soutien de l’Etat qui ne s’applique qu’aux tranches inferieures de consommation, telle est la réaction de la SDC, dont le service de communication gagnerait à lancer des campagnes de vulgarisation de la lecture des factures au profit du consommateur, tout en l’incitant positivement à changer ses habitudes de consommation sans renoncer à son droit au confort climatique durant la période de canicule.  

des publications à l’université de Ouargla

Le Sud est en train de changer à une vitesse qui dépasse celle du développement initié par les décideurs L’université Kasdi Merbah de Ouargla vient de mettre en place une formation doctorale en anthropologie qui compte, entre autres axes de recherche, les mouvements sociaux dans les villes du Sahara algérien. Abdelkader Khelifa donne son point de vue sur la colère qui gronde au Sud. - Comment expliquez-vous la mobilisation citoyenne contre la hausse des factures d’électricité et des prix en général dans certaines villes du sud du pays ? Pourquoi le Sud justement ? Premièrement, je tiens à souligner que nous manquons d’éléments pour analyser ce mouvement. Est-ce le début d’un nouveau cycle de contestation sociale sous la pression des nouvelles conditions imposées par la crise financière, ou bien une continuité du mouvement que connaît le Sud depuis quelques années ? On peut toutefois en faire une lecture préliminaire à la lumière de la continuité du mouvement des chômeurs par exemple. Et pour revenir à votre question, pourquoi le Sud ? C’est justement dans cette région que le paradoxe est visible. Entre les innombrables ressources, les richesses du pays et le manque ou le retard du développement. L’écart est frappant, les habitants du Sud en ont de plus en plus conscience, les jeunes du Sud en particulier. - Qualifieriez-vous cela de prise de conscience citoyenne ? Qu’en est-il des soupçons de manipulation ? Cela dépend de ce qu’on veut dire par conscience. Cette «conscience» prend plutôt la forme d’un sentiment de marginalisation qui devient insoutenable dans le monde où nous vivons aujourd’hui, dans le contexte technologique actuel où manquer de tout sans comprendre pourquoi est lourd à supporter. Cette contestation est positive dans la mesure où la revendication est le langage social d’une société vivante, qui veut un nouveau consensus entre l’Etat et le peuple, entre le national et le local. Ce n’est pas une coïncidence, il y a un processus sous-jacent qu’il faut comprendre et je ne crois pas à la thèse de la manipulation. Ce sont des réactions spontanées qui subissent des tentatives de manipulation après coup et je pense qu’il y aura de plus en de protestations dans les semaines à venir. - Comment expliquez-vous donc la persistance de ces mouvements qui prennent des tournures différentes et touchent de nouvelles régions à chaque fois ? Je crois que les mouvements sociaux du Sud s’inscrivent dans un contexte national, quoique la région ait sa spécificité géostratégique, historique et sociologique... Le Sud est en train de changer rapidement à une vitesse qui dépasse largement celle du développement initié par les décideurs. En fait que demandent ces citoyens en colère ? Tout simplement une gestion à la hauteur de la position stratégique de leur région. Cette revendication est clairement exprimée par les jeunes notamment. Ce qui leur manque, c’est un encadrement, une élite capable d’orienter leurs aspirations afin de capitaliser ces années de lutte et concrétiser leurs objectifs. - Pensez-vous que ces mouvements sociaux ont de l’avenir ? Partout dans le monde, les mouvements sociaux ont toujours eu de l’avenir. Ils matérialisent le dialogue entre la société et l’Etat, même quand ils prennent les tournures les plus violentes. A chaque société ses méthodes et ses consensus. Les revendications du Sud sont de vrais messages à l’Etat central pour revoir ses politiques de développement et de gouvernance locale car les vrais enjeux, c’est le pouvoir local, l’accès au développement, le foncier, l’emploi, la position sociale individuelle et celle des groupes sociaux. Les anciens ksour sahariens et les petites villes historiques locales sont maintenant des métropoles à perspectives mondiales, l’image de l’homme du Sud devant sa kheima préparant du thé tellement consacrée par nos médias n’est plus d’actualité, c’est pour que cette image change que les jeunes revendiquent leur droit à la citoyenneté.

Code du travail Les craintes

L’avant projet du code du travail constituait une remise en cause des droits et acquis sociaux et syndicaux. D’ailleurs, l’une des revendications de l’intersyndicale qui entrera en grève nationale les 17 et 18 octobre : être associée aux discussions sur ce nouveau code. El Watan Week-end a tenté, avec l’expert Noureddine Bouderba, de décortiquer certains chapitres. Recrutement Un CDD ne peut pas faire l’objet de plus de trois renouvellements successifs (article 26). Cette disposition permet la conclusion de quatre contrats successifs sans que la durée maximale cumulée soit limitée. Cette dernière est de 24 mois au Maroc, de 18 mois en France, de 12 à 36 mois en Espagne, d’une année en Corée du Sud… Par ailleurs, la notion de renouvellements successifs n’est pas précisée ; or la pratique a montré que deux CDD qui se suivent, séparés de quelques jours, ne sont pas considérés comme successifs. Il faut souligner que le recours aux CDD a été élargi à de nouvelles activités de nature permanente, au moment où les voies judiciaires pour une demande de requalification d’un CDD en CDI sont jalonnées d’obstacles infranchissables. A côté du CDD seront institués le travail intérimaire et le travail de sous-traitance qui sont les formes les plus précaires sans que des dispositions de protection particulières soient prévues. Licenciement La législation actuelle n’autorise que deux types de licenciement : le licenciement pour raison disciplinaire ou la compression d’effectif pour raison économique. L’actuel avant-projet introduit plusieurs autres motifs, tels que la rupture anticipée du CDD, le licenciement d’un CDI pour incapacité totale de travail, la fermeture de l’entreprise, la rupture conventionnelle. Par ailleurs, le pouvoir de l’employeur en matière de licenciement disciplinaire a été considérablement renforcé au moment où la sanction des employeurs pour licenciements irréguliers a été assouplie. Enfin, les indemnités de licenciement et les réparations en cas de licenciement abusif prévues dans l’avant-projet sont inférieures à celles en vigueur dans les pays de la région. Un travailleur ayant fait l’objet d’une condamnation définitive privative de liberté pour un délit non commis à l’occasion du travail est licencié : à titre d’exemple une condamnation pour non-paiement de pension alimentaire ou pour omission d’effectuer le contrôle technique de sa voiture… (art 91 alinéa 3). Même dans le cas où le juge décide qu’un licenciement est abusif, le travailleur ne pourra prétendre à la réintégration si l’employeur s’y oppose, en contrepartie d’une compensation financière fixée à un niveau qui est loin d’égaler ce qui se pratique dans les pays de la région (plafonnée en fonction de l’ancienneté à 24 mois de salaire en Algérie pour 36 mois de salaire au Maroc et en Tunisie). En cas de licenciement abusif (irrégulier) d’un travailleur qui a commis une faute grave, le plancher de 6 mois de salaire mensuel a été supprimé et l’indemnité sera fixée par le juge (article 102). L’indemnité de licenciement pour compression d’effectif est maintenue à 3 mois de salaire quelle que soit l’ancienneté du travailleur, soit à un niveau très bas par rapport à ce qui se pratique dans les pays de la région. Horaires de travail En matière de diminution ou d’augmentation de la durée hebdomadaire du travail pour certains postes présentant une pénibilité ou des périodes d’inactivité, l’avant-projet réserve à l’employeur le pouvoir de fixer unilatéralement la liste des postes concernés et de préciser pour chacun d’entre eux, le niveau de réduction ou d’augmentation de la durée du travail effectif et la négociation collective ne déterminera que la liste des travaux concernés (article 39). Alors que selon la législation en vigueur toutes ces mesures sont tributaires d’accords collectifs. L’aménagement et de la répartition des horaires de travail à l’intérieur de la semaine sont déterminés dans le cadre de l’organisation du travail de l’organisme employeur (art. 38), autrement dit unilatéralement par l’employeur alors que selon la législation actuelle, ils relèvent de la négociation collective (loi 90-11 art. 22). Justice du travail Les jugements de réintégration, même ayant acquis la force de la chose jugée (après appel) ne pourront plus donner lieu à un jugement sous astreinte journalière pour obliger l’employeur à les appliquer (art. 306). Autrement dit, l’employeur peut s’opposer à la réintégration du travailleur moyennant le paiement d’une indemnisation. Par ailleurs, tous les jugements des sections sociales rendus en premier ressort, sur toutes les matières, sont susceptibles d’appel alors que selon la législation actuelle, les jugements en matière de réintégration, d’annulation des sanctions, de délivrance de certificats de travail ou de bulletins de paie ou ordonnant l’application d’un accord de conciliation sont rendus en premier et dernier ressorts par le tribunal de première instance. Restrictions aux libertés syndicales Un syndicat des travailleurs à vocation nationale, pour être constitué, doit regrouper au moins 25 membres fondateurs résidant dans un tiers du nombre de wilayas du pays (art. 509). Cet obstacle vient s’ajouter aux limites aux droits des travailleurs, de constituer, sans distinction de nationalité et sans autorisation préalable, des organisations syndicales de leur choix et de s’y affilier. Ainsi, l’exigence du récépissé d’enregistrement, sans lequel aucun syndicat ne peut activer, est maintenue (art. 510) avec en sus un allongement du délai accordé à l’autorité publique pour le délivrer, qui est porté de 30 à 60 jours. Droit de grève Pour qu’elle soit jugée légale, la grève doit être approuvée par un vote à bulletins secrets à la majorité des travailleurs réunis en assemblée générale, constituée d’au moins de la moitié des travailleurs composant le collectif concerné. Le calcul du quorum sur la base de la totalité du collectif concerné et non pas sur le nombre des membres de l’organisation syndicale est un autre obstacle majeur devant les travailleurs. Comment expliquer qu’un syndicat est jugé représentatif au sein de l’organisme employeur dès lors qu’il regroupe 20% de l’effectif total des travailleurs salariés couverts par ses statuts (art. 536) mais doit, pour exercer son droit de grève, réunir plus de 50% non pas de ses adhérents, mais de la totalité des travailleurs du collectif ?