mardi 11 août 2015

Pèlerinage aux lieux saints de l’Islam : l’information, élément déterminant pour le futur hadji et ses familiers

Les nouvelles facilitations, dont bénéficieront les pèlerins Algériens durant  leur présence et leurs déplacements sur les lieux saints en Arabie Saoudite lors de la campagne de Hadj de 2015, ont retenu l’attention, ce mardi, de la chaine 3 de la Radio Algérienne qui leur a consacré un sujet. Celle-ci signale que les préparatifs de cette campagne « vont bon train » précisant qu’avant même leur départ les futurs hadjis vont entrer en contact avec leurs guides et des éléments de la protection civile, dans chaque vol à destination et au retour de la Mecque. Elle indique, en outre, que les familles auront la possibilité de garder un contact permanent et régulier avec leurs proches partis accomplir le rituel du pèlerinage, « grâce au site internet de l’Office du Hadj ». Toutes ces informations, précise-t-elle, ont été communiquées aux concernés lors d’une journée d’information organisée à Alger. Questionnée, une responsable affirme que la procédure de constitution des dossiers destinés au Hadj s’est déroulée dans de bonnes conditions. Elle précise que les personnes appelées à accomplir son pèlerinage vont être destinataires d’un SMS leur indiquant précisément les lieux où elles doivent se regrouper avant leur départ. Un habitué des lieux de pèlerinage invite, pour sa part, les prétendants au hadj à être organisés et à respecter les consignes des guides chargés de les accompagner et d’assurer leur sécurité, mais également de respecter scrupuleusement les moments de rendez-vous fixés dans des lieux précis en terre sainte. Il est, par ailleurs, souligné que la condition première pour accomplir ce cinquième pilier de l’Islam dans des conditions optimums « c’est de rester en bonne santé ». Pour éviter au pèlerin de tomber malade lorsqu’il se trouve sur les lieux, Abdelhamid Hachadi, directeur de la formation au ministère des Affaires religieuse lui conseille ainsi d’avoir une bonne hygiène de vie, de bien manger, de prendre ses médicaments, d’éviter de se déplacer sous le soleil et, tout de suite après, de boire de l’eau glacée. « Cela éviterait-dit-il d’attraper une grippe ou une angine qui pourrait gâcher votre pèlerinage ». Il est, d’autre part, rappelé que le premier départ des futurs hadjis aura lieu le 26 août et que « d’ici là », ceux-ci pourront avoir de plus amples information sur leur déplacement par le biais du site internet de l’Office du hadj mis à leur disposition. 


samedi 8 août 2015

Aucune matière ne sera supprimée du baccalauréat

La ministre de l’Education nationale, Mme Benghebrit, a insisté sur la nécessité de trouver un consensus pour éviter les grèves répétitives au cours de l’année.
Il n’a jamais été question de supprimer des matières des épreuves du baccalauréat. Notre idée de réforme de cet examen décisif est de réduire le nombre de jours d’examen, en anticipant des épreuves en 2e année secondaire.» C’est ce qu’a déclaré Nouria Benghebrit, ministre de l’Education nationale, lors d’un passage sur la chaîne télévisée privée Echorouk TV.

La minitre qualifie la polémique autour de la suppression de la langue arabe et des sciences islamiques du baccalauréat d’«insensée et sans aucun fondement». «La réforme de ce passage crucial dans le cursus scolaire est plus qu’une nécessité. Cet avis est partagé par bon nombre d’acteurs, y compris le Premier ministre ; à commencer par la suppression du seuil des cours pour arriver à la réduction de la durée de l’examen, et ce, en programmant des épreuves anticipées», a-t-elle expliqué.

La ministre est revenue sur la polémique de l’introduction de la langue dialectale dans la scolarisation, en insistant sur la déculpabilisation des enseignants qui y ont recours pour se faire comprendre. «Le recours à la langue maternelle est loin de porter préjudice à la langue arabe, bien au contraire. D’après les rapports de l’Unesco, c’est un moyen facilitateur, permettant une entrée en douceur dans l’apprentissage sans brusquer l’enfant et c’est aussi un gain de temps.

A partir de cette rentrée scolaire, les enseignants du préscolaire ont la liberté de recourir à la langue maternelle comme moyen d’apprentissage», a-t-elle souligné avant de saluer l’initiative de Louisa Hanoune, la secrétaire générale du Parti des travailleurs, qui ne s’est pas laissée entraîner dans cette polémique, mais lui a directement demandé des éclaircissements sur cette nouvelle idée avant de la soutenir.

Mme Benghebrit a insisté sur la nécessité de trouver un consensus pour éviter les grèves répétitives au cours de l’année. «Je ne conteste pas le droit à la grève, mais plutôt son incidence sur la scolarité des enfants. Dans le secteur de l’éducation, tous les acteurs sont dans l’obligation d’accomplir leur mission et de veiller sur le respect du calendrier et du programme pré-établi», insiste-t-elle.

Pour elle, il existe plusieurs moyens de protester sans pour autant toucher à la scolarité des enfants, comme porter un brassard. Pour la ministre la notion de «grève illimitée» est inconcevable, et les syndicalistes pourraient faire la grève pour un, deux ou trois jours au grand maximum. «Lorsque l’on a fait une étude sur l’impact de ces grèves, nous avons constaté que sur les 10 dernières années, les élèves ont perdu deux années d’enseignement.

Ce qui est très grave, d’où la nécessité de trouver un terrain d’entente avec les syndicats pour éviter ces interruptions répétitives des cours», relève-t-elle. S’exprimant, par ailleurs, sur le problème de la surcharge des classes, la ministre a indiqué que le phénomène est loin d’être éradiqué en raison de la politique de relogement et la grande mobilité des populations vers les zones intérieures, où le taux de natalité est élevé. Ce problème risque de durer longtemps, malgré la politique de réalisation de nouveaux établissements menée il y a déjà quelques années.

«Les enseignants du primaire doivent enrichir le débat»

En matière de réforme, la Fnte propose également la réhabilitation de l’enseignement technique et la suppression
des sessions de rattrapage à tous les niveaux.
Même si la Fédération UGTA des travailleurs de l’éducation (FNTE) approuve la plupart des recommandations de la conférence nationale sur l’évaluation de la réforme de l’éducation des 25 et 26 juillet dernier, elle appelle à un débat plus approfondi sur la question de l’enseignement au primaire, «loin de toute récupération politicienne», explique Ferhat Chabekh, secrétaire général du syndicat, à l’issue des travaux de l’université d’été. C’est à Tlemcen que la FNTE a organisé son université du 3 au 6 août.

Les participants ont insisté sur la nécessité de préserver l’école algérienne de «toute tentative de politisation». Le débat sur l’école et les méthodes d’enseignement doit être du ressort de la communauté scolaire, estime M. Chabekh qui plaide pour des discussions autour de la langue d’enseignement entre les parties constituant l’école. «Les enseignants du primaire doivent enrichir le débat.

Les recommandations ne doivent pas émaner des bureaux ou de personnes qui n’ont rien à voir avec le secteur, et qui ne connaissent pas les contraintes ni les pratiques utilisées actuellement», ajoute le secrétaire général du syndicat. Pour la Fnte, «la polémique qui a suivi l’annonce des recommandations a mis à nu la distance existant entre l’école et ceux qui sont chargés d’améliorer le système éducatif». M. Chabekh émet des réserves sur l’approche proposée par la tutelle concernant la langue d’enseignement, appelant par la même occasion au renforcement de l’enseignement de tamazight et des langues étrangères.

La Fnte approuve l’introduction d’un bac professionnel et l’organisation d’épreuves anticipées pour le bac général concernant les matières secondaires et le recours à la fiche de synthèse pour limiter l’absentéisme. En matière de réforme, la fédération propose également la réhabilitation de l’enseignement technique et la suppression des sessions de rattrapage à tous les niveaux.

La réhabilitation des instituts techniques et l’organisation des sessions de formation pour les enseignants figurent également parmi les recommandations de cette rencontre. Le syndicat plaide pour un transfert de tutelle des écoles primaires. Etant actuellement sous la tutelle des APC, ce qui engendre une disparité criante concernant les ressources financières et les compétences de gestion, la FNTE plaide pour que ces établissements soient soumis à la tutelle du ministère de l’Education nationale.

En conclusion des travaux en atelier de cette rencontre, les participants ont unanimement appelé à remédier aux déséquilibres du statut particulier des travailleurs de l’éducation et de fixer un délai à la commission nationale installée à cet effet. Aussi, la FNTE propose à ce que les rencontres de la commission paritaire soient hebdomadaires pour accélérer le processus de correction des dysfonctionnements du statut actuellement en vigueur. A souligner que cette première université d’été a vu la participation de 160 cadres syndicaux de la FNTE.
 

L’obligation de fournir un extrait de naissance pose problème

Les inscriptions universitaires ont été un véritable canular pour les nouveaux étudiants, qui ont été surpris d’apprendre que l’extrait de naissance est désormais obligatoire, alors qu’ils s’attendaient à être «libérés» de fournir ce document après la décision annoncée suite au conseil du gouvernement du 15 juillet dernier.
Pour rappel, le conseil du gouvernement avait émis le communiqué suivant : «Le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales informe les citoyennes et les citoyens qu’en exécution des instructions du président de la République, relatives à la réhabilitation du service public et à l’allègement des dossiers et des procédures administratives, le gouvernement a approuvé, lors de sa réunion du mercredi 15 juillet 2015, le projet de décret exécutif dispensant le citoyen de la présentation des documents d’état civil contenus dans le registre national automatisé de l’état civil.» Une mesure qui concerne en premier lieu le secteur de l’enseignement supérieur.

Mais il n’en fut rien. Et c’est la débandade mêlée à la panique et l’inquiétude chez les nouveaux étudiants et leurs familles. Lors d’une tournée dans certaines universités à Constantine, nous avons rencontré des étudiants au bord de la dépression, par crainte de voir leurs dossiers rejetés, notamment ceux habitant des wilayas lointaines. Des parents se demandent si la décision ministérielle est applicable ou non ?

Et si cette disposition est applicable, comment se fait-il qu’elle ne soit pas respectée ? «Pourtant, le gouvernement a déchargé les bacheliers de fournir cet acte d’état civil pour les libérer des contraintes bureaucratiques, mais les décisions gouvernementales sont loin de ce qui se passe dans la réalité», s’indigne le père d’une étudiante rencontré à la faculté de médecine de Constantine.

Des étudiants de l’université des Frères Mentouri (Constantine 1) parlent d’une véritable pagaille qui a marqué les inscriptions. «Pour avoir ce document, il faut passer toute une journée au siège de l’état civil ; pour le récupérer, on doit attendre deux jours, si ce n’est pas plus et il faut attendre une journée afin de pouvoir s’inscrire», protestent de nouveaux inscrits.

«Le problème se pose avec acuité pour les étudiants venus des wilayas lointaines, notamment celles du Sud, qui sont venus s’inscrire en croyant qu’on n’exige plus l’extrait de naissance. Certains avaient les larmes aux yeux, car la durée des inscriptions est limitée. Les administrateurs sont obsédés par la paperasse et cela ne changera jamais. Heureusement que j’ai retiré mon extrait par précaution, car je ne croyais pas aux mesures prises par l’Etat algérien», a déclaré un étudiant «vigilant».

Mais finalement qu’en sera-t-il pour les autres, dont certains ont déjà raté leurs inscriptions à cause d’une administration sclérosée. Par ailleurs, nous avons sollicité sur place un administrateur, qui s’apprêtait à quitter son bureau. Ce dernier, qui a requis l’anonymat, a affirmé qu’ aucune instruction ou décision écrite de la part du ministère de l’Enseignement supérieur n’a été reçue. « Il doit y avoir un document officiel pour appliquer une telle instruction, même moi je ne suis pas au courant de cette décision ministérielle», a-t-il précisé.

Ce qu’a dit Fekhar à son avocat

«Je l’ai vu jeudi dernier. Il m’a dit qu’il contestait la façon dont il a été arrêté et les charges retenues contre lui. Kameleddine Fekhar affirme que son arrestation est une décision politique et on a demandé, par la suite, à la justice de lui trouver une couverture légale», affirme maître Salah Dabouz.
L’activiste et militant politique Kameleddine Fekhar estime que son arrestation et sa détention ont eu lieu «suite à une décision politique». «Je l’ai vu jeudi dernier. Il m’a dit qu’il contestait la façon dont il a été arrêté et les charges retenues contre lui. Kameleddine Fekhar affirme que son arrestation est une décision politique et on a demandé, par la suite, à la justice de lui trouver une couverture légale», affirme maître Salah Dabouz, membre du collectif de défense de Kameleddine Fakhar et des 24 personnes arrêtées avec lui en juillet dernier.

Le détenu, accusé de faits très graves, «estime qu’il tient toujours à sa liberté et à son droit à exprimer ses opinions. Pour lui, la Constitution qui consacre les libertés individuelles et collectives, dont l’expression libre des opinions, n’est pas respectée», indique l’avocat, en annonçant que Kameleddine Fekhar a suspendu sa grève de la faim qui l’a gravement affaibli.

Le collectif d’avocats — maîtres Dabouz, Ahmine Noureddine, Chalabi, Bamoun, Boughali et Rahmouni — ont conseillé, indique notre interlocuteur, à Kameleddine Fekhar et à son ami Kacem Soufghanem de suspendre leur grève de la faim. «Le premier l’a fait, mais le deuxième maintient toujours son action», dit-il. Selon Salah Dabouz, l’arrestation de ces 25 personnes — que l’on peut appeler le «groupe Fekhar» — «est illégale». «Pour arrêter des personnes, il faut des raisons. Il faut qu’elles soient prises en flagrant délit ou qu’elles fassent l’objet d’un mandat d’arrêt ou d’amener.

Ces conditions n’étaient pas réunies pour les 25 personnes et pour l’ex-maire de Berriane, Nacer Eddine Hadjadj», précise l’avocat. Il rappelle que le «groupe Fekhar» a été arrêté alors qu’il faisait la prière dans une mosquée. «Fekhar et Kacem, à mon avis, ont été arrêtés pour leur activisme, alors que les 23 autres ont été mis en détention parce qu’ils faisaient la prière au même endroit que les deux premiers», soutient-il.

«Des militants politiques ciblés»

Pour l’avocat, le point commun de ces arrestations est le fait que la plupart des personnes arrêtées sont des activistes, des militants ou d’anciens militants de partis démocrates. «Ce sont des militants politiques qui ont été ciblés, parce qu’ils ont osé critiquer la gestion chaotique de la crise de Ghardaïa par les autorités», dit Me Dabouz. Mais, ajoute-t-il, ces arrestations ne mettront pas fin à ce conflit. «Nous craignons le pire à l’avenir. En arrêtant les militants politiques, les pouvoirs publics ouvrent la voie à un risque de violence qui pourrait être encore plus dévastatrice», soutient-il. Par ailleurs, la police a arrêté, jeudi dernier, deux personnes «en possession d’armes à feu artisanales» et saisi des armes blanches et cinq fusils artisanaux.

«Les forces de police relevant de la sûreté de la wilaya de Ghardaïa ont mené mercredi des perquisitions (...) et saisi des équipements utilisés dans les actes de violence récemment enregistrés dans la wilaya, suite à un mandat de perquisition du procureur de la République près le tribunal de Ghardaïa», explique la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), dans un communiqué.

Ces opérations «interviennent suite à la bonne exploitation des informations reçues sur les personnes suspectées d’être impliquées dans les actes de violence et de vandalisme et les agressions dans la wilaya de Ghardaïa. Les forces de police poursuivent leurs missions pour assurer la protection des citoyens et de leurs biens», indique la même source.
 

«Tamazight doit être obligatoire à l’école»

Saïd Sadi a animé, jeudi soir à Tizi Rached (Tizi Ouzou), une conférence intitulée «Ali Laïmèche, une étoile dans l’aube algérienne», à l’occasion du 69e anniversaire de la mort de ce militant surdoué du Mouvement national.
Ali Laïmèche est mort à l’âge de 21 ans, huit ans avant que le destin algérien ne bascule, le 1er novembre 1954, un difficile accouchement auquel Laïmèche a contribué avec brio et une grande efficacité», a souligné le Dr Sadi dans sa conférence, ajoutant que «parmi les milliers de personnes présentes à son enterrement (le 6 août 1946, dans son village natal Icharîwen, à Tizi Rached), figuraient la plupart des militants nationalistes de Kabylie, mais aussi d’autres venus du reste du pays, dont des responsables de premier plan du PPA/MTLD».

L’ex-président du RCD, qui rappelle que «ce jour-là, la Kabylie accueillait le plus grand rassemblement populaire autochtone enregistré depuis l’insurrection de 1871», se demande «comment un jeune homme de 21 ans a pu acquérir une telle notoriété, un tel crédit et une telle autorité dans une société marquée par le patriarcat mais aussi dans son parti, alors qu’il avait tenu tête sur des dossiers importants à un Messali encore omnipotent».

Pour Saïd Sadi, «même en intégrant le fait que la cérémonie funéraire avait été organisée par un autre géant, Bennaï Ouali, qui savait ce que perdaient ce jour-là le PPA/MTLD, la Kabylie et l’Algérie démocratique, l’ampleur de l’événement reste aujourd’hui encore une des grandes inconnues de la chimie complexe qui préside à la naissance d’une relation singulière qui peut se nouer entre une communauté et un dirigeant». «En ce qui concerne notre génération, relève le Dr Sadi, Ali Laïmèche est à la fois un symbole et un mystère.

C’est un symbole car son parcours exceptionnel fait de lucidité et d’audace a éclairé la plupart des jeunes d’après-guerre qui refusaient le diktat de la pensée et du parti uniques. C’est un mystère parce qu’il est difficile d’expliquer son rayonnement intellectuel, politique et moral avec une vie si courte, dans un monde écrasé par la peur et la misère et dans un parti où la libre expression n’était pas une règle.»

Au cours des débats et à propos de l’avancée de la langue amazighe, le Dr Sadi dira : «Tamazight doit être obligatoire à l’école, comme l’est la langue arabe», indiquant que «si cette dernière n’était pas obligatoire dans les écoles, beaucoup d’Algériens ne l’auraient pas apprise». Il a fait remarquer que «tous les partis (islamistes et autres) qui combattaient hier tout ce qui a un rapport avec tamazight réservent aujourd’hui dans leurs programmes une place à cette langue, attestant que le combat de la génération des militants de tamazight après l’indépendance a fait avancer énormément les choses. Et le combat doit évidemment persévérer pour faire aboutir le combat des Laïmèche, Bennaï, Ould Hamouda…»