La saison estivale coïncide encore une fois cette année avec le mois de Ramadhan, la omra et la saison du hadj. Elle constitue la période de «pic» annuel pour la compagnie nationale Air Algérie, notamment pour le transport de la communauté algérienne à l’étranger qui vient passer les vacances au pays.
En fait, la majorité des compagnies qui desservent l’Algérie doivent résoudre une équation à plusieurs variantes pendant le Ramadhan : comment rester compétitives et faire face à la chute du coefficient d’occupation des sièges. En effet, la majorité des Algériens préfèrent limiter leurs voyages au strict minimum et une grande partie des carnets de commande des agences de voyage sont remplis durant la période s’étalant de fin juillet à fin août.
En termes plus précis, les vacances sont programmées après l’Aïd El fitr. Tout siège d’avion non occupé a une valeur résiduelle nulle : on parle alors de stocks «à rotation nulle». Pour stimuler le marché, certaines compagnies ont recours aux promotions. Cette technique permet d’optimiser le revenu généré en captant, grâce à des prix plus faibles, une partie de la demande ayant une forte sensibilité au prix. La compagnie Turkish Airlines, par exemple, a annoncé un tarif spécial pour la destination d’Istanbul à partir de 35 000 DA au départ d’Alger, Oran, Constantine, Tlemcen et Batna applicable depuis le 15 juin 2015 et jusqu’au 15 juillet 2015.
Omer Faruk Korkmaz, directeur général de cette compagnie en Algérie, a déclaré à El Watan : «Cette promotion donne la chance de voyager vers la Turquie,de découvrir l’atmosphère du Ramadhan à Istanbul et de vivre une expérience unique là où les deux continents se rencontrent.» L’argument mis en avant : aller sur les traces de l’empire ottoman ! Les chargés du marketing ont une mission bien précise : observer le comportement de la concurrence. A chaque promotion, les compagnies aériennes réagissent.
Du côté du transport maritime, même ambiance. Arrivés au port d’Alger, des Algériens résidant en France ont été unanimes à souligner dans des déclarations à l’APS qu’ils sont venus, comme chaque année «au pays» pour passer le mois de Ramadhan. Pour Sofiane Djaout, 39 ans, célibataire et travaillant dans le bâtiment en France depuis 12 ans, «passer le mois de Ramadhan à Alger (Sidi Moussa) permet d’évacuer le stress et la fatigue d’une année de travail.
J’adore le ton de l’adhan à l’algérienne, et les soirées de ce mois qu’on ne trouve qu’en Algérie». Beaucoup éprouvent un fort sentiment de nostalgie pour le pays. Un retour aux sources, voire un pèlerinage sur la terre des ancêtres pour les plus âgés et une découverte pour la jeune génération. A l’aéroport international Houari Boumediène, on attend avec impatience la venue des cousins et des oncles, les yeux rivés sur les écrans qui affichent les heures d’arrivée…
Une fois les procédures d’entrée aux frontières terminées, les voyageurs se ruent vers le tapis roulant pour récupérer leurs lourds bagages. Ils les attrapent et les mettent sur des chariots. Direction la porte de sortie. La plupart sont attendus par leurs proches. Les propriétaires de taxi et autres «clandestins», qui activent au vu et au su de tout le monde, jettent leur appât et attendent qu’on morde à l’hameçon.
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