La Direction des travaux publics (DTP) de la wilaya d’El Bayadh est dans la tourmente. Le wali, Abdallah Benmansour, a dépêché la semaine dernière une commission d’enquête élargie afin de connaître les raisons qui ont conduit à la défaillance de ce secteur important dans cette région du sud-ouest de l’Algérie. Selon des proches du dossier, la DTP est «dépourvu de ses cadres depuis plus de trois ans». «Sept postes de responsabilité sont vacants depuis une période allant de 2 à 5 ans», affirme une source de la wilaya. Ajoutant que les chefs des différents services ainsi que le directeur lui-même, Abdelaziz Belgasmi, installé depuis mai 2015, ne sont qu’intérimaires. Mais ce n’est pas tout, car selon la même source, «seuls 21 % du budget du programme prévu sont consommés», ce qui a plongé la wilaya dans une «stagnation jamais connue», déplorent certaines entreprises. «Il n’existe aucun nouveau projet inscrit depuis les dernières intempéries de 2011, confie la même source. Les 15 ouvrages d’art (ponts) annoncés depuis quatre ans n’ont jamais été lancés par la DTP malgré la disponibilité d’un budget de 2 milliards qui a fini par être gelé par les pouvoirs publics.» Rencontré dans son bureau, le directeur intérimaire, Abdelaziz Belgasmi, dresse, quant à lui, un autre bilan : «La situation n’est pas si catastrophique, car 90% du programme a été lancé depuis mon installation. J’ai engagé 37 projets en attendant nos demandes d’inscription pour les autres, assure-t-il. Quant aux postes vacants, j’ai formulé plusieurs demandes, mais on m’a fait comprendre que je ne suis pas habilité à désigner tant que je reste intérimaire.» Et à Belgasmi d’ajouter : «Nous manquons d’unités de production d’agrégat, d’outils de réalisation locaux, d’entreprises qualifiées en la matière et les bureaux d’études pour le bon suivi des projets». Moulay Maârouf, ancien journaliste et ex-chef de plusieurs projets dans cette wilaya, n’est pas de cet avis. «La direction manque de stabilité depuis plus de quatre ans. Le secteur a connu des fuites de cadres et la marginalisation d’autres. C’est ce qui nous a conduit à cette situation précaire, s’indigne-t-il. Certaines entreprises ont bénéficié de mesures de souplesse au détriment de la qualité des travaux et les délais de réalisation. Il n’est plus possible de continuer ainsi. Nous portons espoir en ce nouveau wali afin d’apporter un changement radical.» Les conclusions de ladite commission ne sont pas encore connues. Néanmoins, des sources affirment que la wilaya s’apprête à désigner un nouveau directeur afin de mettre un terme à cette situation handicapante pour la région. Meziane Abane
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