vendredi 17 juin 2016

Bouira L’insécurité empoisonne le quotidien

Décidément, ce n’est plus l’ambiance qui régnait dans un passé récent dans les quartiers de la ville de Bouira. L’ambiance nocturne, notamment durant ce mois de Ramadhan est désormais du passé. En dépit du renforcement visible du dispositif sécuritaire à travers toute la wilaya, décidé après qu’un groupe terroriste ait été signalé dans la forêt Errich, à cheval entre les deux communes de Bouira et de Aïn Turk, les quartiers de la ville de Bouira sont presque désertés et la plupart des magasins ferment la nuit depuis le premier jour du Ramadhan. Les familles, qui ne s’aventurent plus hors de leurs cités, craignent le risque terroriste. Possible, car la ville de Bouira a été le théâtre, ces trois dernières années, de plusieurs attentats terroristes perpétrés contre les forces de sécurité. L’année écoulée, deux policiers avaient été blessés dans une attaque terroriste survenue à proximité du nouveau pôle universitaire de Bouira. L’attentat  avait eu lieu à proximité du siège du groupe d’intervention rapide (GIR) de la Gendarmerie nationale. Cela explique la crainte de la population de se promener dans les rues de la ville de Bouira en ces nuits de Ramadhan. A proximité du siège de la wilaya, la rue principale qui grouillait de monde durant toute la saison estivale est presque vide. Le silence et le calme règnent. Des unités de la police ont été implantées dans plusieurs endroits de la ville. Des policiers qui veillent au grain opèrent même en civil. Ce redéploiement en force des services de sécurité est le signe que la menace terroriste plane toujours sur la région. L’élimination par l’armée de onze terroristes et la capture d’un autre, lors d’une opération mobilisant des milliers de soldats et d’importants équipements logistiques, n’ont pas rassuré la population qui craint que des terroristes réussissent de s’échapper à la vigilance des militaires et tentent de commettre des attentats en plein centre-ville de Bouira. Ces habitants, qui avaient assisté aux différents assauts des unités de l’ANP contre le groupe décimé appartenant à AQMI, ne veulent pas prendre de risque en s’aventurant dans des lieux «non sécurisés». La forêt Errich, qui connaît régulièrement une forte affluence de visiteurs venus même des wilayas d’Alger et de Boumerdès, est désertée. La population habituée ces derniers années aux communiqués du ministère de la Défense nationale, ayant trait à l’information sécuritaire — «élimination de groupes terroristes, découvertes d’armes…» —, n’est pas rassurée quant aux endroits ratissés par l’ANP. Le cas de l’opération de la forêt Errich, le confirme. En effet, la population a appris la fin des opérations via la presse, alors que sur le terrain on avance l’installation de postes d’observation autour de la forêt. 

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