Un bras de fer oppose, depuis quelques semaines, les médecins résidents à la direction de l’hôpital Kasdi Merbah de Tixeraïne à propos des conditions de l’exercice de la garde médicale. Deux courriers ont été adressés par les médecins résidents au premier responsable de l’établissement hospitalier de Tixeraïne le 31 mai et le 8 juin, faisant état de leurs contraintes, notamment lorsqu’il s’agit d’évacuation de malades en urgence. «Nous avons le regret d’attirer votre attention, encore une fois, sur les conditions déplorables et les problèmes que nous rencontrons lors de l’exercice de la garde médicale notamment lorsqu’une évacuation de malade en urgence se décide. Le personnel paramédical refuse catégoriquement d’accompagner le malade sous prétexte de la note de service 040/DIR/2015 stipulant que toute évacuation en urgence doit être assurée par un médecin, et comme nous l’avons déjà exprimé dans un courrier précédent, cette note fait référence a l’instruction n°007/MSPRH/MIN du 3 septembre 2006 qui stipule que l’accompagnateur du malade peut être aussi du personnel paramédical», lit-on dans le courrier datant du 31 mai, demandant d’annuler la note de la direction qui sème la confusion et d’engager avec rigueur les mesures qui s’imposent afin d’assurer un climat favorable de travail. Dans une seconde correspondance du 8 juin, le collectif de résidents a réitéré son appel en expliquant au directeur de l’hôpital que lors de l’accomplissement des gardes médicales : «Nous sommes confrontés à des situations où nous sommes obligés de prendre la décision d’évacuer le malade vers un hôpital pour une meilleure prise en charge diagnostique et/ou thérapeutique. Il y a même quelques infirmiers qui remettent en cause le diagnostic médical, la conduite thérapeutique et, par conséquent, la décision d’évacuation. Certains directeurs de garde qui sont appelés à assurer le bon déroulement de la garde obligent le seul médecin de garde à quitter son poste de travail pour s’acquitter d’une tâche qui n’est pas forcément la sienne et qu’à lui revient la décision de la qualité d’accompagnateur conformément à la loi». Et de rappeler que ce problème est récurrent depuis quelques années et qu’il empire de jour en jour, créant ainsi un climat défavorable au bon fonctionnement de la garde. Les deux lettres étant restées sans réponse, le collectif a décidé d’observer un sit-in au sein de l’établissement, en vain. Le directeur a réactualisé la note, alors que le chef de service, le professeur Amara, a affiché une autre instruction rappelant les prérogatives du médecin résident qui est seul habilité à désigner l’accompagnateur, habituellement un infirmier de jour ou de nuit. «Pis encore, le directeur a préféré prendre des mesures, notamment la retenue sur salaire et la demande d’explication sous prétexte d’un abandon de poste et d’un refus de travail au lieu d’écouter les médecins résidents. Ce qui est illégal parce que le médecin résident dépend du chef de service et seul le chef de service est habilité à le sanctionner», a déploré un représentant du collectif. Les résidents de l’EHS de Tixeraïne ne comptent pas baisser les bras puisqu’un préavis de grève de trois jours (20, 21 et 22 juin) été déposé à la direction. Une réunion de conciliation était prévue hier avec un représentant de la DSP et la direction. Une commission d’enquête sera dépêchée par le ministère de la Santé afin de «situer les responsabilités en se référant aux tâches statutaires assignées à chaque catégorie de personnel», a-t-on appris auprès d’un responsable. Au ministère de la Santé, on promet un dénouement rapide de cette situation où le malade est pris en otage.
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