dimanche 19 janvier 2020

Importations de véhicules : le chef de l'Etat presse le Gouvernement d'assainir la situation

Le Président de la République a instruit le Gouvernement, lors de la réunion, samedi, du Conseil des ministres, d'assainir en urgence le dossier d'importation des kits CKD-SKD destinés au montage automobile en Algérie.    Relevant que ce dossier est aussi urgent que sensible, M. Abdelmadjid Tebboune a estimé que cette question méritait des "réponses concrètes", insistant notamment à sur l'institution de "nouvelles règles" pour l'organiser.    Durant les neuf premiers mois de 2019, l'Algérie a importé pour 2,3 milliards de dollars de kits SKD destinés au montage de véhicules de tourisme, de transport de personnels et de marchandises.    En 2018, la facture globale d'importation des CKD/SKD s'était chiffrée à plus de 3,73 milliards de dollars, contre 2,2 milliards de dollars en 2017, soit une hausse de 1,53 milliard de dollars.    Les activités d'assemblage se sont soldées par la production de 4.500 véhicules industriels et de 180.000 de tourisme, contre 110.000   en 2017.    En 2019, des décisions importantes avaient été prises par le gouvernement pour faire baisser la facture d'importation des kits destinés au montage des voitures touristiques mais également à la production d'équipements électroménagers, d'appareils électroniques et de téléphones mobiles.     En mai dernier, le ministère de l'Industrie avait fixé des quotas d'importation des kits SKD à quatre constructeurs automobiles dont les projets et les programmes de production avaient été validés par le Conseil national d'Investissement (CNI). Il s'agit de la SPA Renault-Algérie, de la SARL Tahkout   manufacturing company, de la SPA Sovac production et de la SARL Gloviz (KIA).    L'activité de montage de véhicules, impliquant d'anciens ministres, a révélé des faits "catastrophiques" à l'origine de lourdes pertes pour le Trésor public, avait relevé, en décembre dernier, le procureur de la République près le Tribunal de Sidi M'hamed (Alger). Le représentant du Trésor public avait estimé ces pertes à près de 129 milliards de DA.   La société Mazouz de montage de véhicules est à l'origine de 39 milliards de DA de pertes, l'opérateur Larbaoui Hassan de plus de 87   milliards de DA et le group IVAL de Bairi Mohamed, de plus d'un milliard de DA, selon le Trésor public.    Le procureur de la République avait relevé que les pratiques relatives à l'investissement dans le domaine du montage automobile, étaient "basées sur   le népotisme et le favoritisme d'un opérateur à un autre, "ce qui, dit-il, a contribué à élargir le fossé entre le peuple et ses institutions".    Ce dossier qui a fait l'objet de deux enquêtes judicaires de la part de la Cour suprême et au niveau du Tribunal de Sidi M'hamed a révélé que "certains hommes d'affaires géraient des sociétés écrans tout en bénéficiant d'indus avantages fiscaux, douaniers et fonciers", a observé le procureur de la   République.    Outre ce dossier, le président de la République a également souligné, lors du Conseil des ministres, que la question du Complexe sidérurgique d'El Hadjar   comptait également parmi les dossiers prioritaires du plan d'action du secteur de l'Industrie.       A moyen et long termes, a-t-il recommandé, l'effort du secteur doit être orienté vers la création d'une véritable industrie, constituée essentiellement des   industries légères, petites et moyennes, génératrices de richesses et provoquant, du même coup, une rupture avec les industries consacrant la dépendance.  


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