lundi 31 octobre 2016

Sid Ali Sekhri, consultant à l’ANEP : les pouvoirs publics ne doivent pas gérer à notre place, mais créer l’environnement nécessaire à la promotion du livre

«La nouvelle loi sur le livre n’est ni révolutionnaire, ni liberticide», déclare, ce matin, le conseiller de l’Entreprise nationale de communication, d’édition et de publicité (ANEP), Sid Ali Sekhri, lors de son passage dans l’émission Invité de la rédaction de la Chaine 3. Selon M. Sekhri, cette nouvelle loi donnera, grâce à ses mesures avantageuses, un nouveau visage à l’édition pour la hisser de son rôle de prestataire au rang de producteur. Parmi les avantages, il cite, entre autre, l’encadrement de la concurrence et l’incitation à l’achat des livres par les institutions.    «Avant, l’importateur faisait de la concurrence déloyale en appliquant des remises allant jusqu’à 30%. La nouvelle loi limite ces remises. Elle impose, également, à toutes les entreprises publiques de faire des achats au niveau des librairies», a-t-il soutenu. Bien que le marché algérien pour l’importation du livre, estimé à 60 millions d’euros, soit le plus grand au niveau du Maghreb, il demeure insignifiant devant ceux des pays industrialisés. Le Conseiller de l’ANEP qui réaffirme la nécessité de maintenir ce marché, regrette, en revanche, la politique fiscale qui continue de pénaliser la production locale et sur laquelle la nouvelle loi reste «muette». D’après lui, le prix du livre produit localement «reste élevé», à cause, notamment, des taxes appliquées sur les intrants. «Vous savez, On paye 15% de taxes douanières et 17% de TVA sur l’importation du papier, tandis que le livre importé est soumis à une taxe douanière de 5% et une TVA de seulement 7%», déplore l’invité de la rédaction. Il reproche, également, à la nouvelle loi de donner plus de pouvoir aux «bureaucrates» par la soumission de l’édition et de la commercialisation du livre «à une autorisation préalable du ministère de la culture». «C’est l’une des faiblesses de ce texte. En quoi un bureaucrate du ministère de la culture à plus de compétences que moi pour choisir un texte», explique M. Sekhri qui plaide en faveur d’un contrôle à posteriori. «Ce que nous demandons aux pouvoirs publics, ce n’est pas de gérer à notre place, mais de créer l’environnement nécessaire à la promotion du livre», revendique-t-il. Pour lui la promotion du livre doit se faire par les écoles, les médias et par des libraires compétents. L’invité de la Chaine 3 recommande, par ailleurs, la réalisation d’une cartographie du lectorat national pour une meilleure identification des profils et des besoins.    


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