vendredi 31 mars 2017

L’état de santé de Kamel Eddine Fekhar est «inquiétant»

«Seules les perfusions maintiennent en vie Kamel Eddine Fekhar», s’inquiète Me Salah Dabouz, l’un des avocats du détenu qui se trouve actuellement sous assistance médicale depuis plus de deux mois à l’hôpital Hmida Benadjila de Laghouat. Placé avec plusieurs autres Mozabites sous mandat de dépôt depuis juillet 2015, Dr Kamel Eddine Fekhar est en grève de la faim depuis 88 jours et sans jugement depuis près de 21 mois. Me Noureddine Ahmine, qui lui a rendu visite il y a quelques jours, alerte l’opinion publique sur la dégradation préoccupante de sa santé : «La visite que lui ai rendue m’a permis de constater une dégradation caractérisée par une infection urinaire, l’installation de l’hépatite B, sans parler de son affaiblissement total.» Depuis quelques semaines, ce n’est plus la nature des accusations ni même le contenu du dossier qui intéressent les proches de Kamel Eddine Fekhar, ses avocats ou les défenseurs des droits de l’homme, mais plutôt sa survie. Le détenu, qui a fait son testament à son avocat, est décidé à aller au bout de son action et rappelle pour bon nombre, par sa détermination, le cas de Mohamed Talmat, «mort en prison en décembre dernier après une grève de la faim qui a duré plus de trois mois». «Kamel Eddine Fekhar a épuisé tous les moyens juridiques possibles pour prouver son innocence, mais il a fini par comprendre que l’objectif du pouvoir était tout autre. Ce dernier est décidé à le maintenir à vie en prison, ce qui est arrivé à Ahmed Baba Nedjar, condamné à perpétuité», explique Me Dabouz. Et d’ajouter : «J’ai déposé plainte à maintes reprise en faveur de mon client, mais elles n’ont jamais été prises en considération. J’ai demandé à convoquer des gens pour audition, pareil. Ça veut dire quoi tout ça ? La réponse du pouvoir est claire.» Pour rappel, Kamel Eddine Fekhar, accusé entre autres d’«atteinte à la sûreté de l’Etat», est poursuivi pour les mêmes faits dans deux affaires et deux lieux différents, Berriane et Ghardaïa, ce qui constitue, selon Me Dabouz, «une grave violation des lois». «Des accusations formulées par la même chambre d’accusation», dénonce-t-il encore. «Kamel Eddine Fekhar n’accepte plus sa détention et demande à être libéré sans condition», soutient Me Dabouz. Aujourd’hui, il existe plus de 100 détenus dans ce dossier dit «Fekhar». Selon Me Dabouz, ils sont actuellement répartis sur les prisons de Ouargla, Ghardaïa, El Menea et Berrouaghia, ce qui rend difficile, voire impossible l’assistance et les déplacements difficiles des avocats.

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