mercredi 22 avril 2015

Bouterfa réclame une révision à la hausse

M. Bouterfa, PDG de Sonelgaz

Le PDG du groupe public Sonelgaz, Noureddine Bouterfa, veut une révision à la hausse des prix  de l’électricité qui constitue «une nécessité» pour les prochains projets de sa société.


Le PDG du groupe public Sonelgaz, Noureddine Bouterfa, réclame à nouveau une révision à la hausse de la tarification de l’électricité, restée inchangée depuis 2005. «Il faut augmenter les prix, desserrer la tarification actuelle pour lever à la fois la contrainte sur Sonelgaz mais également sur les banques pour pouvoir engager les projets d’énergie renouvelable», a plaidé M. Bouterfa, invité hier de la Radio publique.
La révision à la hausse des prix constitue, aux yeux du PDG de Sonelgaz, «une nécessité» pour les prochains projets du secteur.


Le coût de revient du kilowatt/heure est de 3 DA hors taxes et Sonelgaz le vend à 2,20 DA. «On ne peut plus vendre moins cher que le coût de production», a ajouté le même responsable. Dans une première phase, il a suggéré d’augmenter la tarification pour les industriels, qui consomment près de 20% de la production nationale.


Cela dit, la question de la révision des prix, a-t-il rappelé, relève des prérogatives du gouvernement. Selon le premier responsable du groupe, la politique de subventionnement de l’électricité occasionne à Sonelgaz un déficit de financement de 80 milliards, comblé par des emprunts, un montant appelé à augmenter en 2016/2017, alors que les créances impayées avoisinent annuellement 45 milliards de dinars. «Ou l’Etat se détermine et donne une subvention d’exploitation, ou il faut augmenter les tarifs», a encore recommandé M. Bouterfa. Interrogé sur les énergies renouvelables, l’invité de la Radio a relevé que cette question ne constitue pas une priorité pour son groupe.


La priorité, aujourd’hui, est de satisfaire le consommateur, car l’Algérien a besoin d’avoir de l’électricité, qu’importe son origine», a-t-il affirmé. L’investissement dans les énergies renouvelables nécessite de gros financements. «Aujourd’hui, nous sommes sous contraintes financières (…). Si nous devons réaliser le programme des énergies renouvelables, nous aurons besoin de 100 milliards de dinars par an», a-t-il précisé.


S’agissant de l’état d’exécution du programme d’investissement de 20 milliards d’euros lancé fin 2012, «plus de la moitié de ce projet est réalisé avec près de 1000 milliards de dinars engagés», a-t-il noté, précisant qu’un autre montant de 1000 milliards sera mobilisé pour les deux prochaines années. Le groupe Sonelgaz a importé, ces deux dernières années, pour près de 14 milliards de dollars d’équipements destinés «à sécuriser la production d’électricité en Algérie» sur une durée de 20 à 25 ans.


Critiqué pour son recours massif à l’importation, le patron du groupe public s’est défendu, soulignant que «sur la distribution, plus de 80% des équipements sont achetés localement. Les transformateurs et les câbles sont achetés en Algérie. Pour ce qui est du transport, les pylônes que nous utilisons sont fabriqués en Algérie». Le taux d’intégration le plus faible est enregistré dans le segment de production que Sonelgaz veut augmenter de 20 à 80%, selon M. Bouterfa.




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