samedi 25 avril 2015

Les accusations de Saadani contre Belkhadem

Face aux informations insistantes qui font état d’un retour en grâce de Abdelaziz Belkhadem, le secrétaire général du parti a décidé d’agir et de convoquer en catastrophe une réunion des mouhafadhs.


Amar Saadani est un cas et ceux qui l’ont installé à la tête du Front de libération nationale (FLN) vont avoir les pires difficultés à l’en déboulonner. L’homme est coutumier des menaces et des dérapages. Lors de son limogeage du poste de président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Amar Saadani avait déjà menacé de balancer à l’opinion publique certains secrets avant de se raviser, rattrapé il est vrai par l’affaire de la mutuelle agricole dans laquelle son nom était régulièrement cité.


Ce qui fait dire à un membre du comité central qui le connaît bien : «Connaissant l’homme, je peux vous assurer qu’il ne quittera pas son poste facilement. Même si on lui annonce que sa feuille de route est arrivée à expiration.» Face aux informations insistantes qui font état d’un retour en grâce de Abdelaziz Belkhadem, le secrétaire général du parti a décidé d’agir et de convoquer en catastrophe une réunion des mouhafadhs. Dans un discours au ton qui frisait l’insulte, Amar Saadani à délivrer ses messages et ses accusations.


Tout d’abord à Abdelaziz Belkhadem, attaqué pour «manigances contre la direction du parti» et pour avoir des ambitions présidentielles. Belkhadem veut être «le candidat du FLN à la prochaine présidentielle», s’est écrié Amar Saadani. Des propos que le secrétaire général de la première formation politique avait déjà tenus en 2014, au moment où se négociait en coulisses le quatrième mandat de Bouteflika.


Car, entre les deux hommes, un vieux contentieux existe depuis qu’un deal aurait été passé pour la dernière présidentielle. Abdelaziz Belkhadem ne s’opposait pas à l’arrivée de Saadani à la tête du parti, qui en contrepartie appuyait la candidature de l’ancien secrétaire général lors de l’élection, dans le cas où Bouteflika se désistait.


Contentieux entre les deux hommes


Un deal qui volat en éclat bien avant l’annonce de la candidature du Président. En outre, le patron du FLN a remis au goût du jour la théorie du complot et le spectre des forces occultes qui agissent dans l’ombre. Pour lui, Belkhadem ne «bouge pas sans les ordres de ses maîtres». Une accusation à peine voilée contre le patron des Services de renseignement, le général de corps d’armée Mohamed Mediène dit Toufik, que le secrétaire général du parti avait déjà accusé nommément dans la presse de manœuvrer en coulisses et à qui il avait demandé de démissionner.


En agitant l’ennemi caché qui agit contre le Bouteflika, Amar Saadani veut se présenter comme le seul rempart qui peut encore protéger le Président de ses ennemis. «Il va faire du bruit et tenter de sauver sa tête, mais j’ai bien peur qu’il soit la première victime d’un rééquilibrage des forces au sein du régime», résume un ancien ministre et membre du comité central. Question bruit, Amar Saadani a toujours su en faire.




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