mardi 31 janvier 2017

Migrants: des travailleurs sous payés et maltraités

Alors que le voisin marocain entame sa deuxième vague de régularisation pour des milliers de migrants, chez nous les migrants sont exploités et menacés. Une situation qui inquiète davantage les militants des droits de l’homme. Alors que le voisin marocain entame sa deuxième vague de régularisation pour des milliers de migrants, chez nous les migrants sont exploités et menacés. Une situation qui inquiète davantage les militants des droits de l’homme.   “Je fais appelle à des migrants autant que possible. Ils sont sérieux, font un bon travail et ne sont pas gourmands.” raconte Mehdi.G, directeur artistique dans une boite de communication et d'événementiels à Alger. “Je voulais installer un plafond avec des Led. La majorité des entreprises algériennes ne le font qu’à partir d’un certain espace. Je ne disposais que d’un petit coin aménagé pour les futurs clients. Un ami qui travaille dans une entreprise étrangère m’a proposé les services de son contact migrant.” poursuit Mehdi, qui ne semble pas s'inquiéter des conséquences en engageant un migrant, qu’il n’a pas assuré, et que rien ne protège en cas d’accidents. “A proximité d’un commissariat de police à Hydra, j’ai remarqué un groupe de migrants travaillant sur une place. Ils n’avaient pas l’air inquiets, pourquoi le devrais-je?” dit-il. L’Algérie n’a ratifié la Convention des Nations unies sur la protection des travailleurs migrants, qu’en en 2004. sa mise en application est très controversée, voire critiquée par la société civile, les ONG et quelques organismes internationaux préoccupés par la question.   Mutation “Qu’on se le dire, les migrants et les réfugiés au Maghreb sont exploités, pourtant ils sont conscients de l’irrégularité et des injustices.” analyse Boubaker Charif, sociologue et auteur d’une étude sur la mobilité et la recomposition des communautés migrantes. “L’Algérie, un pays en transition, a un intérêt économique, politique et géostratégique très important, en régularisant ces déplacés, qui viennent avec des compétences. La mutation économique de notre pays gagnerait en développement grâce aux postes disponibles dans l’agriculture et de l’industrie.” affirme-t-il. “On perd du temps dans une bureaucratie dormante, alors qu’on devrait suivre l’exemple marocain et faire mieux.” suggère le sociologue. En effet, nos voisins marocains ont procédé en 2014 à une politique de régularisation de migrants, plus de 25 000 personnes en avaient profité. Après sa tournée en Afrique, le souverain marocain a procédé à une nouvelle annonce en faveur de 15 000 migrants, qui seront régularisés cette année. Une mesure encourageante selon la société civile marocaine, mais qui demeure critique. Le porte-parole du Groupe antiraciste de défense et d’accompagnement des étrangers et migrants (Gadem) a néanmoins averti de la nécessité de la compléter par «Une politique de logement et de l’emploi qui favorisera l’intégration des immigrés une fois régularisés.»   Menaces En Algérie, il n’existe pas de chiffres clairs et précis sur le nombre de migrants et réfugiés travailleurs, parce que “nous ne savons pas exactement le nombre de migrants qui transitent et s’installent chaque année. Sans compter les opérations d'expulsion et de rapatriement.” affirme Boubaker Charif. Le Créad (Centre de recherche en économie appliquée pour le développement) dispose d’une étude sur l’apport des migrants à l'économie algérienne. Ces travaux datent de 2008 et ne décrivent pas la réalité d'aujourd'hui, où l’on annonce plus de 100 000 migrants en Algérie. Récemment, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH) a alerté l’opinion publique et les autorités sur les conditions de travail des migrants «La Ligue suit avec attention l’exploitation que subissent les ressortissants africains de la part de patrons, chefs d’entreprises et grands fermiers». La LADDH met en garde contre l’exploitation et les abus que subissent les migrants subsahariens sur le plan du salaire, des injustices, des menaces, etc.  

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