mardi 31 janvier 2017

«Il y a énormément de blocages qui freinent l’activité»

Le porte-parole de la Fédération algérienne des insuffisants rénaux, Bokhors Mohamed, déplore les conditions de prise en charge des insuffisants rénaux dans les centres d’hémodialyse. Ce qui retarde d’ailleurs, selon lui, la transplantation chez certains patients. «Il y a des patients qui ne peuvent pas prétendre à la greffe vu les problèmes qu’ils rencontrent en dialyse. A ce jour, il n’y a aucune réglementation ni guide, encore moins des recommandations qui régissent le traitement pour la dialyse. Chaque centre, qu’il soit privé ou public, fait ce qu’il veut et en plus il n’y a aucun contrôle. Les malades ne bénéficient pas de toute la durée de la dialyse qui est normalement de quatre heures, en plus de la réduction des quantités de fer prescrites. On leur fait une seule injection au lieu de trois. L’anémie n’a jamais été corrigée chez certains patients», a-t-il relevé en précisant que cela retarde considérablement l’aboutissement à la greffe. Le porte-parole de la Fédération des insuffisants rénaux déplore l’absence de centre dédié spécialement à la greffe. «Les services où l’activité est actuellement assurée ne fonctionnent pas régulièrement. Généralement, ce sont plutôt des programmes d’intervention de chirurgie générale, notamment la vésicule biliaire ou autres. La greffe n’est programmée qu’une fois, voire deux fois par semaine. Ce qui bloque considérablement l’évolution de l’activité. Parfois, l’opération est reportée à une date ultérieure pour faute de préparation de salle de prélèvement et de greffe, de manque de produits, d’analyses incomplètes, etc. Il y a énormément de problèmes qui freinent la progression de cette activité qui est pourtant vitale pour nos malades», a-t-il ajouté et de s’interroger sur les raisons du blocage de l’Institut du rein dont un responsable a été nommé. «Cet institut, doté de toutes les commodités et moyens dédiés spécialement à la transplantation, est actuellement fermé et convoité par de nombreuses institutions. Nous nous sommes battus pour que cet établissement ne soit pas détourné de sa vocation. Et il est temps de le mettre en activité», a-t-il ajouté et de rappeler que la greffe sur donneur cadavérique reste le moyen qui sauvera la vie des milliers de malades. «Peu de choses ont été faites pour sensibiliser les Algériens au don d’organes et notamment le rein. Il y a un manque de sensibilisation à ce sujet. Il est donc difficile de convaincre la population. D’ailleurs, à toutes nos demandes auprès des institutions publiques ainsi que les ministères pour des programmes d’information sur le don d’organes, seul le ministère de la formation professionnelle a répondu à notre demande», regrette-t-il. M. Boukhors revient sur la problème des patients sous dialyse péritonéale qui, eux, font face également à d’énormes difficultés dans leur prise en charge, en l’occurrence dans l’approvisionnement des poches. «Ils sont les oubliés de cette pathologie. Ils ne sont ni répertoriés ni reconnus. Ils ne sont inscrits nulle part», a-t-il indiqué et de s’interroger sur le rôle de l’Agence nationale de greffe d’organes. Il déplore que des patients soient contraints de se rendre à l’étranger pour se faire greffer, alors que leur pays possède tous les moyens médicaux, humains, institutionnels et matériels pour une meilleure prise en charge.                          

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