Depuis le début des violences communautaires dans la wilaya de Ghardaïa, le président de la République a procédé à trois mutations successives à la tête de la wilaya.
Le premier wali nommé, Ahmed Adli, malgré son échec retentissant dans la gestion de la situation sécuritaire à Ghardaïa, théâtre de violences quasi quotidiennes depuis la Fête du tapis 2013, est promu au poste de secrétaire général du ministère de l’Intérieur. Plusieurs activistes l’accusent d’être indirectement à l’origine de la montée de la violence dans la wilaya de Ghardaïa.
Parmi eux Mohamed Laouat, un notable ghardaoui, qui a déclaré qu’«il aurait été possible de mettre un terme aux affrontements communautaire à Ghardaïa dès le début 2013». Toutefois, malgré la récurrence des violences, les forces publiques sont restées sans réponse. En outre, le retard de deux ans accumulé dans l’attribution de logements sociaux à Ghardaïa est l’un des facteurs à l’origine de la montée de la violence dans la ville.
Il est à noter qu’en dépit du départ de Ahmed Adli, la situation sécuritaire n’a connu aucune amélioration et le nouveau wali, Mahmoud El Jama, s’est vu dans l’obligation de gérer une crise sur laquelle il n’avait que peu de connaissances.
Quelques semaines seulement après promotion, Mohamed Adli est appelé à la rescousse et chargé de mener les négociations entre les deux communautés châambi et mozabite. En vain, la situation sécuritaire reste précaire. Si bien que le séjour de Mahmoud El Jama à Ghardaïa n’a pas duré plus de six mois au terme desquels ses fonctions l’ont amené à Tamanrasset, à la faveur d’un remaniement partiel au terme duquel a été nommé à sa place Abdelhakim Chater, lui-même précédemment en poste à Tamanrasset.
C’est la deuxième fois que le ministère de l’Intérieur décide de la mutation d’un wali de Ghardaïa après un nouvel échec cuisant quant à contenir les violences confessionnelles qui agitent la région. En effet, Abdelhakim Chater est désormais nouveau wali d’Oum El Bouaghi, une wilaya de moindre importance. Il ressort de ce nouveau remaniement que la wilaya de Ghardaïa, anciennement rite de passage pour les hauts fonctionnaires de l’Etat – à l’image de Boudiaf, actuel ministre de la Santé ou encore Zoukh, wali d’Alger – est devenue une «zone de punition».
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